(Voilà un petit ajout pour le chapitre 1 de Paisible Nuit.)
Combien de fois ai-je rêvé de me vengé? Chaque jour, chaque nuit, quand j'en avais l'occasion, j'imaginais que j'étais face à lui, j'imaginais que je l'humiliais comme il m'avait humilié.
Je m'étais créer un scénario quasiment parfait.
Je me trouvais face à lui, une arme à feu dans la main droite. Je m'imaginais dans le bar, là où tout avait commencé. Mon flingue pointé sur lui, il ne pouvait pas fuir, il ne pouvais rien faire.
JE commandais, JE contrôlais et lui subissait.
Et je lui disais d'avouer, je lui disais de tout révéler.
Son frère, ses amis... Ils étaient tous là et ils attendaient.
Il refusait de parler, mais tout le monde comprenait. Je souriais.
JE commandais, JE contrôlais, il subissait.
Et j'ai appuyé sur la détente. La balle s'est logé dans son c½ur. Il s'est écroulé.
Et moi, je souriais. Je souriais parce que j'avais tué ma honte.
Ce scénario je l'ai visionné des centaines et des centaines de fois. Chaque jour, il se construisait et devenait infaillible. Mais il me suffisait de me regarder dans le miroir pour tout détruire et revenir sur Terre. Je ne suis pas dans un film, il ne s'agit pas d'une fiction. C'est bel et bien la réalité et rien ni personne ne pourra changer ça, rien ni personne ne pourra me venger.
J'ai mal agis et je ne dois pas LE prendre pour responsable. Il n'est pas responsable. Après tout, qui me dis que ce n'est pas moi qui me suis jetée dans ses bras? Qui me dis que ce n'est pas moi qui lui ai demandé de... Personne ne pourra m'éclairer à ce sujet. Personne. Alors je préfère oublier.
Mais comment oublié? Je ne fais que ressassé sans arrêt les mêmes évènements. Il suffit de regarder ma main. Il suffit de regarder mon avant-bras... Je ne me mutile pas. Mais ça me ferait tellement de bien. Lorsque je me griffe je me sens si bien. Lorsque je me griffe je me sens moins sale.
Je ne me mutile pas mais c'est à cause de ce manque d'intimité chez moi. Où que je sois, je crins que quelque un vienne me déranger, qu'on me surprenne.
Imaginez-vous une seconde que je sois enfin seule, totalement seule... Que je prenne ce couteau, que je le plante dans mon bars et que je me laboure la peau jusqu'à ce que le sang finisse par couler doucement, goutte après goutte... voyant s'échapper cette saloperie qui me pourri, ce corps étranger qui s'est logé dans mes veines, dans mon corps, dans mon âme.